Suzanne Bier

Pour ne pas être trop perdu face aux rayons de DVD, j’ai fini par me faire une liste de réalisatrices contemporaines, composée de çà, de là grâce aux internets.

Parmi une dizaine de noms, celui de la danoise Suzanne Bier, qui bosse aussi pour Hollywood.

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Le premier film de studio de Susanne Bier, avec un gros casting et des prestations à Oscars, est un mélo sur la mort dont on voit toutes les ficelles tout le temps. Things We Lost in Fire (le titre original a quand même plus de gueule) est surécrit, démonstratif et « vieux ». L’héroïnomane joué par Beniccio del Torro est un rebelle : il écoute du rock 70’s sur son walkman (mon incrédulité a besoin d’un peu plus pour être suspendue). La réal multiplie les gros plans sur les yeux humide, ça m’a fait penser à une longue pub pour des yaourts. En fouillant, j’ai trouvé les critiques d’époque de la sortie en salle (2007) étonnamment tempérées. En même temps, ça valait sans doute plus un long bâillement qu’une pluie de tomates.

Suzanne Bier a réalisé pour la BBC The Night Manager, minisérie de 2016 adaptant John Le Carré. Il y a Hugh « Dr House » Laurie & il me semble en avoir entrevu un épisode sans déplaisir.

Je suis preneur, en commentaires, de toute piste enthousiaste à creuser dans la filmo de Suzanne Bier. Peut-être était-ce juste une mauvaise pioche ?

 

L.

Valeurs spiritactuelles

Un livre tombé de nulle part, catégorie Romance/velléités spiritualistes : « Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part » Sabrina Philippe.

Je me suis beaucoup ennuyée à sa lecture (les personnages boivent essentiellement café sur café dans le même bistrot de l’île de la Cité) ; si je suis bien renseignée, l’autrice a tenté de sublimer (trois fois les guillemets) sa propre vie de chroniqueuse radio·tévé…

En revanche, j’y ai appris quelque chose quant à la fabrique de la relation toxique avec un pervers narcissique : sous couvert d’amour impossible, on nous y enseigne à considérer te·eeeee·llement romantique pour une femme sans attaches de souhaiter s’en créer auprès d’un homme dont l’essentiel du mystère réside dans un comportement fuyant et agressif.

 

A l’autre bout du « spectre spirituel » si j’ose dire, retrouvons « Maresi » de Maria Turtschaninoff, roman pour adolescent·es et adultes.

Ici foin de dépendance hétéronormée, les femmes consacrent la puissante figure trinitaire de la Jeune Fille, la Mère, la Vieille. Non mixité assurée sur l’île de l’Abbaye écarlate, jusqu’à ce que le ·dés·ordre patriarcal vienne menacer la quiétude des lieux. Là j’étais… à donf (smaïlait qui sourit, larmichette à l’oeillette)

e.

 

 

trop n’est pas assez

On est le onze janvier, ma pile à lire a déjà atteint l’âge de vingt-deux bouquins et hier je suis revenu de la bibliothèque avec deux prises supplémentaires. Je recompte. En 2017, j’ai lu une quarantaine de livres (hors bédés), dont huit étaient l’œuvre de femmes. Je commence à me dire qu’à force de thésauriser, mettre de côté, vouloir découvrir, je vais me retrouver avec de la lecture pour dix ans. Que cette façon de choisir mes lectures avec la crainte de manquer va me mettre à la tête d’une collection colossale. (Même en scindant drastiquement le corpus littéraire, le nombre de livres que j’ai envie de lire est incalculable).

J’ai aussi vu à peu près quarante films l’an dernier, dont trois étaient réalisés par des femmes, et un par un couple mixte. De ce côté-là je ne fais pas de plans, je prends ce que je trouve, je m’aventure à l’aveugle, et c’est parfois très chouette.

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Voltiges (Apflickorna) de Lisa Aschan.

Premier film d’une jeune réal suédoise. Ça commence comme Naissance des pieuvres de Céline Sciamma : la rencontre de deux adolescentes dans un club de sport exclusivement féminin (ici la voltige équestre), leurs relations de pouvoir et de séduction . Ça avance petit à petit vers un duel, une mise à mort. Le film est touchant et gris, un portrait, un pas en retrait, de la relation au monde d’une famille endeuillée. Lisa Aschan revendique le western, j’ai pas vraiment vu ça, mais j’ai bien aimé, comme j’aime les films qui explicitent peu, qui montrent et laissent gamberger. Les personnages sont passionnants, on ne voit que leur surface, délibérément lisse, maîtrisée. En-dessous ça bouillonne. Cette distance fait peur, parfois.

« On voulait montrer que le sexe c’est le pouvoir, et que le pouvoir c’est aussi sexuel, et parler de tous les jeux de rôles et des jeux de pouvoirs qui peuvent exister. Pour moi, tout ça n’est pas limité à un âge ou à un endroit, cela fait partie de tous les rapports humains. »  – Lisa Aschan, sur Film de Culte

Lisa Aschan a réalisé en 2015 un deuxième long-métrage, Det vita folket (montré en festivals sous le titre White People), qui n’a pas été distribué chez nous. J’ai l’impression que c’est un film de SF carcéral & je vais essayer de le voir, en 2018 ou bien après.

 

L.

 

(trop n’est pas assez est le titre d’une formidable bédé de Ulli Lust paru en 2011 aux éditions çà & là)

On y pense

On y pense, mais ça n’empêche pas d’être en retard. Comme tout le monde je commence 2018 avec des livres en cours : le Dracula de Bram Stoker (Bram n’est pas une femme), l’armoire magique de C.S. Lewis (Clive est encore moins une femme), Toxoplasma de David Calvo (ha, quand même !), les nouvelles de Lord Peter de Dorothy Sayers (Lord Peter n’est pas une femme, mais ça n’a pas d’importance).

En visitant des musées, on a cherché avec les filles les tableaux peints par des femmes. Pas facile de les trouver. Bonjour Berthe Morisot – Orsay, Elisabeth Vigée Le Brun (Kunsthistoriches Museum Wien).

Une amie me reparle de la passion de son compagnon pour les romans de Jane Austen: à découvrir cette année.

Une discussion avec un amateur de polars m’oriente vers Dominique Manotti. « Tous les romans qu’elle écrit son très bien. Ha, c’est une femme ? Je note. »

Pour le cinéma, ça ne va pas être facile.

LK

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constituer le corpus

En octobre, novembre, décembre, mettre de côté des bouquins, des films, en se disant « j’attends 2018 ». Essayer de finir, le plus vite possible, les lectures en cours qu’on a pas envie de laisser marner un an.

À Noël, n’offrir que des bouquins écrits par des femmes. Prendre l’habitude de trier les rayons des librairies & des bibliothèques par genre, avant même d’entrer dans le détail. Se rendre compte que les domaines où ça pose le plus de problème ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit (beaucoup plus de femmes autrice de SF que de poétesses, par ex).

Réaliser que plusieurs bédés d’enfance étaient l’oeuvre de femmes sans en avoir jamais eu conscience.

Régine Pascale & Nadine Brass

Dominique David

Apprendre la mort d’Annie Goetzinger.

Au bout de trois jours de 2018, se rendre compte que rien n’a été préparé correctement, filer à la bibliothèque faire le plein de films & de séries télé, regarder des trucs un peu au pif, s’énerver.

Les deux premières belles découvertes (en cours de lecture) sont Kalpa Imperial (un livre hybride, beau et ardu d’Angelica Gorodisher) et, avec les kids, Moumine le troll (aussi étonnant que sa réputation le laissait supposer, on a envie de se rouler dedans et d’y faire la sieste jusqu’au printemps).

 

L.

 

(La bannière de ce blog est, pour l’instant, tirée d’une gravure de Tanx que vous pouvez admirer en entier ici.)

 

bonne année

Un blog ouvert à tou.te.s. pour rendre compte de l’aventure.

Si vous voulez y mettre les mains, envoyez simplement un petit à mail à : 2018nonmixte@gmail.com
pour obtenir login et mot de passe.

Retours d’expérience, recommandations, réflexions, coups de gueule et/ou gif de petits animaux mignons bienvenus.

À vite !

 

Un jeu.

En 2018, ne lire que des livres écrits par des femmes.
Ne voir que des films réalisés par elles.
N’écouter que des enregistrements, ne voir que des pièces,
ne jouer qu’à des jeux vidéos, ne lire que des articles…
Etc.

Ni un concours, ni une ascèse; un jeu.

C’est à dire qu’on peut tricher en sachant qu’on triche, se sentir libre de modifier les règles.
Se poser la question des exceptions (pour le boulot ? pour l’actualité ?).
Le faire pour voir ce qui ressort de cette aventure, ce qui change et ce qui reste pareil.

Il y a ici un pad pour discuter, s’enthousiasmer, râler, conseiller ou partager des références :
https://pad.lqdn.fr/p/2018_en_non-mixit%C3%A9

Et, bien sûr, on peut passer le mot, embarquer large, faire ça ensemble.

Une très belle année !