trop n’est pas assez

On est le onze janvier, ma pile à lire a déjà atteint l’âge de vingt-deux bouquins et hier je suis revenu de la bibliothèque avec deux prises supplémentaires. Je recompte. En 2017, j’ai lu une quarantaine de livres (hors bédés), dont huit étaient l’œuvre de femmes. Je commence à me dire qu’à force de thésauriser, mettre de côté, vouloir découvrir, je vais me retrouver avec de la lecture pour dix ans. Que cette façon de choisir mes lectures avec la crainte de manquer va me mettre à la tête d’une collection colossale. (Même en scindant drastiquement le corpus littéraire, le nombre de livres que j’ai envie de lire est incalculable).

J’ai aussi vu à peu près quarante films l’an dernier, dont trois étaient réalisés par des femmes, et un par un couple mixte. De ce côté-là je ne fais pas de plans, je prends ce que je trouve, je m’aventure à l’aveugle, et c’est parfois très chouette.

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Voltiges (Apflickorna) de Lisa Aschan.

Premier film d’une jeune réal suédoise. Ça commence comme Naissance des pieuvres de Céline Sciamma : la rencontre de deux adolescentes dans un club de sport exclusivement féminin (ici la voltige équestre), leurs relations de pouvoir et de séduction . Ça avance petit à petit vers un duel, une mise à mort. Le film est touchant et gris, un portrait, un pas en retrait, de la relation au monde d’une famille endeuillée. Lisa Aschan revendique le western, j’ai pas vraiment vu ça, mais j’ai bien aimé, comme j’aime les films qui explicitent peu, qui montrent et laissent gamberger. Les personnages sont passionnants, on ne voit que leur surface, délibérément lisse, maîtrisée. En-dessous ça bouillonne. Cette distance fait peur, parfois.

« On voulait montrer que le sexe c’est le pouvoir, et que le pouvoir c’est aussi sexuel, et parler de tous les jeux de rôles et des jeux de pouvoirs qui peuvent exister. Pour moi, tout ça n’est pas limité à un âge ou à un endroit, cela fait partie de tous les rapports humains. »  – Lisa Aschan, sur Film de Culte

Lisa Aschan a réalisé en 2015 un deuxième long-métrage, Det vita folket (montré en festivals sous le titre White People), qui n’a pas été distribué chez nous. J’ai l’impression que c’est un film de SF carcéral & je vais essayer de le voir, en 2018 ou bien après.

 

L.

 

(trop n’est pas assez est le titre d’une formidable bédé de Ulli Lust paru en 2011 aux éditions çà & là)

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