Marina Rollman

Le temps est court, en ce moment, pour me poser devant deux heures de film, alors je me rabats sur les vidéos brèves. Il y a beaucoup de femmes dans la nouvelle génération d’humoristes venue du stand up, parmi lesquelles l’épatante Marina Rollman.

Après un unique (?) passage par le Jamel Comedy Club, Marina Rollman est devenue chroniqueuse radio l’an dernier, d’abord en Suisse romande, désormais également sur France Inter. Elle fait aussi des blablas détente dans des réunions sérieuses, par exemple l’intervention ci-dessous lors d’un grand raout de généticiens.

 

 

 

 

 

Marina Rollman a commencé en s’inspirant de Louis CK, mais me fait plus rire encore maintenant qu’elle se laisse emporter par des espèces de galops d’imagination et de mots, une forme d’humour assez rare qui rappelle par moment les logorrhées desprogiennes. Elle peut aussi se caler sur un rythme conférence pour parler longuement et sans la moindre vanne de choses souvent malines et parfois belles voire émouvantes.

Beaucoup de respect pour ces gens capables d’écrire trois, quatre, cinq chroniques par semaine sans lasser les auditeurs. Les moins de trente ans déboulent et elles bottent des fesses. Yay !

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artistes contemporaines à Paris

Jusqu’au 24 février 2018 : Bianca Bondi à la galerie 22,48
Jusqu’au 24 février 2018 : Valie Export à la galerie Ropac
Jusqu’au 3 mars 2018 : Lucie Picandet à la galerie Vallois
Jusqu’au 3 mars 2018 : Stéphanie Saadé à la galerie Barrault
Jusqu’au 12 mars 2018 : Prix Aware pour les artistes femmes, Archives nationales

Zviane

La bédéaste québécoise Zviane était à Angoulême il y a peu, ce qui m’a permis, par personnes interposées, de choper les deux derniers numéros de son fantabuleux fanzine, LA JUNGLE.

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Zviane est blogueuse, musicienne, théoricienne de la bédé, elle fait des comédies musicales minuscules, des courts-métrages animés, des affiches de films en collage, des blagues, des photos et des tutos cuisine. Tout, en fait, avec une énergie constante. J’aime beaucoup beaucoup ça, chez un artiste, faire passer l’intelligence avant le sérieux. Tout ce qu’elle fait vaut le coup d’oeil – même si, d’ici, c’est parfois un peu difficile à dégotter (mais c’est ça, aussi, qui fait que c’est marrant).

D’abord, il y a Internet & son site perso : http://www.zviane.com

Ensuite, il y a quelques bouquins correctement diffusés en France (ceux parus chez Pow-Wow), à commencer par Ping-pong, un essai dessiné Scott McCloud style, qui réfléchit sur les parallèles entre création bédé et création musicale. Si vous le trouvez, vous pouvez aussi vous jeter sur Les Deuxièmes, un mélo pornographique (mais oui) qui propose de figurer le sexe comme une partition musciale.

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Après, il y a les libraires qui font de l’import de bédé québécoise. De mon côté je m’approvisionne chez Tulitu, à Bruxelles, qui est un super lieu, au taquet sur les bouquins politiques, genre & féminisme.

Enfin, il y a la VPC, mais ça reste bien cher depuis le Canada.

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Zviane fait partie d’une génération d’auteurs qui bossent d’un bout à l’autre de la chaîne du livre, du gros éditeur au petit producteur bio et de Youtube au fanzine papier. Son boulot, très varié et très libre s’adapte à ses supports.

Et c’est pour ça que je ne saurais trop vous recommander d’essayer de dégotter LA JUNGLE, grosse revue (une centaine de pages par numéro) entièrement réalisée par l’autrice, pleine jusqu’à la gueule et absolument dingue en terme de qualité & de liberté créative. On y trouve le feuilleton thriller SF Football Fantaisie, des strips, des recettes de cuisine, des croquis de voyage et, dans chaque numéro, une grosse bédé one-shot qui justifie à elle seule vos 20 euros. En plus (en plus !) la qualité ne cesse de grimper avec, dans le numéro 3 un des meilleurs boulot de la bédéaste ever : Natatoria, une bédé d’une quarantaine (?) de planches en manière de guide des piscines de Montréal, entièrement réalisée en papier découpé, et prétexte à mille digressions captivantes.

Evidemment, trouver LA JUNGLE va  vous demander des efforts. Ce sera exactement le contraire de cliquer sur un lien ou de braquer un rayon de médiathèque. Ce sera une autre façon de désirer, d’acheter et de lire.

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Zviane FTW !

Les sables de l’Amargosa – Claire Vaye Watkins

Dans la catégorie: je n’aurais pas lu ça sans l’année non mixte.


Ray et Luz vivent dans une maison de luxe au-dessus d’un canyon. Elle est un ancien mannequin et lui un ancien militaire, mais on n’est pas dans un roman de Marc Lévy : ça ne va pas bien se passer, ni pour eux, ni pour le reste du monde. On est en Californie dans un futur probable. Suite à sa gestion de l’eau catastrophique (et bien documentée de nos jours), l’ouest des États-Unis est devenu un désert. Les anciens habitants de la Californie ont fui pour la plupart (on les surnommes les Mojaves) et sont parqués dans des camps dans le reste du pays. Ray et Luz ont décidé de rester, jusqu’à leur rencontre avec Ig, l’enfant bizarre, qui va les pousser à quitter leur refuge et entreprendre une traversée du désert jusqu’à rencontrer la communauté étrange de Levi Zabrinskie.

 

Publié dans une collection de littérature américaine, les sables est aussi clairement un roman de SF, tendance climatic-fiction. Cet aspect là est fait avec soin. Si elle n’est pas incroyablement originale, l’anticipation est bien documentée, réaliste et menée sans expositions absurdes ni info-dumps mal placés. L’écriture donne l’impression de lire un roman contemporain se déroulant dans un pays distant et pas très agréable. Pour les personnages tout est normal, ils ont creusé leur vie branlante dans cet espace-temps, ils galèrent pour se procurer de l’eau (le ravitaillement d’état et la croix rouge), ils extraient des maisons abandonnées des trucs et des machins, ils défendent à leur manière certains idéaux.

 

Le roman devient encore meilleur quand il approche la communauté de Zabriskie et l’énorme et mythique dune de l’Amargosa auprès de laquelle elle s’abrite. On entre alors dans un monde étrange et halluciné, construit et peuplé de mots, de croyances, d’espoirs et d’illusions. Je me suis demandé si ce procédé d’une extrapolation crédible sautant jusqu’à un objet littéraire étrange et démesuré n’était pas une des marques de la bonne science-fiction.

J’ai aimé l’ensemble, sans adhérer totalement. Luz, héroïne assez casse-pieds, mériterait de sortir de l’orbite autour de son nombril. Même en post-apo, les Californiens stressés restent des Californiens stressés. L’écriture manque parfois de simplicité, la construction de clarté, on saute certains passages introspectifs sans regret, on en découvre d’autres, très inventifs, avec joie. Page 261, sous prétexte d’un rêve de Luz, on découvre une nouvelle étrange mettant en scène des hommes-taupes et la réserve de déchets nucléaires de Yucca Valley, qui aurait sa place dans un des livres de Yirminadingrad. Le collage est raté, le texte inséré très réussi. Bref, les sables est un roman bancal, souvent intéressant et marquant.

 

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musique mainstream du monde #4

Tentative d’épuisement des chansons féminines numéro 1 ici ou là, dans le monde entier.

 

4. Europe

 

En Moldavie, on écoute :

 

Et en Bulgarie :

 

Bien sûr, on écoute aussi à fond de balle Camila Cabello, Beyoncé (avec Ed Sheeran) ou Demi Lovato (avec Luis Fonsi).

Il y a un gros trou dans la carte au Moyen & Proche-Orient.

 

Enfin, dans le top 15 des chansons les plus streamées au monde, les positions 1, 2, 4, 5 et 7 sont tenues par des duos mixtes (chantés en anglais, espagnol, ou les deux, et en russe), et les 9e et 12e sont occupées par des girls band (japonaises et coréennes).

 

musique mainstream du monde #1

Tentative d’épuisement des chansons féminines numéro 1 ici ou là, dans le monde entier.

On utilise la Music Map du site pudding.cool, mise à jour le 17 décembre dernier. Sans discriminer les duos mixtes, pour ne pas que la moisson soit désespéramment maigre.

 

  1. AMÉRIQUES

 

En Amérique du Nord on écoute :

 

En Amérique centrale & dans les Caraïbes on écoute :

 

Et en Amérique du sud :

 

+ en bonus, le clip de Havana de Camila Cabello, parce que la chanson est au top dans une moitié du monde et la vidéo marrante, avec une grand-mère à barbe et un petit passage de queer mambo :

janvier SF

 

Le 18 a paru Susto, épique roman de la camarade luvan, qui parle de la vie, malgré tout, en attendant que tout se termine.

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On peut en lire ici une critique bien informée par Charybde2.

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Le 22, Ursula Le Guin est morte à l’âge de 88 ans.

Cette femme de lettre américaine était sans doute l’autrice de genre qui avait le plus de chance de recevoir un jour le Nobel . C’était une écrivaine géniale, dont on recausera certainement ici avant la fin de l’année.

Pour le plaisir, son discours d’acceptation d’un prix d’honneur « félicitations vous êtes vieille » en 2014:

*

Le 25, parution du dernier numéro de la revue Bifrost, avec un sommaire fiction entièrement féminin (Nancy KRESS, Elizabeth BEAR, Ketty STEWARD, Isabelle DAUPHIN et Linda NAGATA).

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Suzanne Bier

Pour ne pas être trop perdu face aux rayons de DVD, j’ai fini par me faire une liste de réalisatrices contemporaines, composée de çà, de là grâce aux internets.

Parmi une dizaine de noms, celui de la danoise Suzanne Bier, qui bosse aussi pour Hollywood.

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Le premier film de studio de Susanne Bier, avec un gros casting et des prestations à Oscars, est un mélo sur la mort dont on voit toutes les ficelles tout le temps. Things We Lost in Fire (le titre original a quand même plus de gueule) est surécrit, démonstratif et « vieux ». L’héroïnomane joué par Beniccio del Torro est un rebelle : il écoute du rock 70’s sur son walkman (mon incrédulité a besoin d’un peu plus pour être suspendue). La réal multiplie les gros plans sur les yeux humide, ça m’a fait penser à une longue pub pour des yaourts. En fouillant, j’ai trouvé les critiques d’époque de la sortie en salle (2007) étonnamment tempérées. En même temps, ça valait sans doute plus un long bâillement qu’une pluie de tomates.

Suzanne Bier a réalisé pour la BBC The Night Manager, minisérie de 2016 adaptant John Le Carré. Il y a Hugh « Dr House » Laurie & il me semble en avoir entrevu un épisode sans déplaisir.

Je suis preneur, en commentaires, de toute piste enthousiaste à creuser dans la filmo de Suzanne Bier. Peut-être était-ce juste une mauvaise pioche ?

 

L.